Taxe au kilomètre pour voiture électrique : ce que les Français paieraient avec le modèle britannique
Taxe au kilomètre pour voiture électrique : ce que les Français paieraient avec le modèle britannique
Le Royaume-Uni a tranché : dès avril 2028, une taxe de 3 pence par mile s’appliquera aux voitures électriques. Une mesure qui pourrait inspirer la France, confrontée au même défi budgétaire. Décryptage.
Une taxe innovante pour compenser la chute des recettes sur les carburants
Le dispositif britannique, baptisé electric vehicle excise duty, marque un tournant dans la fiscalité automobile. Alors que les véhicules électriques ne consomment plus de carburant, le gouvernement britannique a décidé de taxer non plus la consommation d’énergie, mais l’usage de la route. Concrètement, les propriétaires de voitures 100 % électriques paieront 3 pence par mile, soit environ 1,86 pence par kilomètre. Les hybrides rechargeables, qui utilisent encore de l’essence, bénéficieront d’un tarif réduit de 1,5 pence par mile.
Cette taxe entrera en vigueur en avril 2028, avec une indexation sur l’inflation à partir de l’exercice 2029-2030. Elle sera gérée par l’administration des immatriculations, déjà en charge de la taxe de circulation britannique. Selon les prévisions, le rendement devrait atteindre 1,1 milliard de livres la première année, puis 1,4 milliard et enfin 1,9 milliard en 2030-2031.
Un changement de doctrine fiscale
La logique derrière cette taxe est claire : faire payer l’usage de la route plutôt que la consommation d’énergie. C’est un changement de doctrine fiscale, pas un simple ajustement de barème. Pour un conducteur britannique moyen, cela représente environ 255 livres par an, soit près de 300 euros.
Et en France, quel serait l’impact ?
La France affronte un défi similaire : la chute des recettes liées aux carburants. Une simulation basée sur le barème britannique permet d’estimer ce que paieraient les automobilistes français. Selon les statistiques du ministère de la Transition écologique, une voiture particulière française parcourt en moyenne 11 600 km par an.
Au taux de change du 9 septembre, le barème britannique donne les montants suivants :
- 8 000 km : 174 € (petit rouleur urbain)
- 11 600 km (moyenne française) : 252 € (usage moyen du parc)
- 15 000 km : 326 € (trajets domicile-travail quotidiens)
- 20 000 km : 434 € (gros rouleur, zones rurales)
Une mesure qui pourrait inspirer la France
Alors que Bercy a démenti cet été tout projet de taxe kilométrique, la simulation britannique montre à quel point cette question est cruciale. La France pourrait-elle adopter un modèle similaire ? Les objections sont nombreuses, notamment sur la complexité de mise en œuvre et l’acceptabilité sociale. Pourtant, avec l’accélération de la transition énergétique, cette option pourrait bien finir par s’imposer.
Reste à savoir si les Français seraient prêts à payer une telle taxe, alors que le gouvernement cherche déjà à compenser le manque à gagner lié à la baisse des recettes sur les carburants. Une question qui mérite d’être posée, alors que l’électrification du parc automobile se poursuit à un rythme soutenu.
Conclusion : une fiscalité en mutation
La taxe au kilomètre pour les voitures électriques, telle qu’elle est envisagée au Royaume-Uni, illustre bien les défis auxquels sont confrontés les États dans la transition énergétique. En France, bien que le sujet soit encore tabou, il est probable que la question finisse par s’imposer dans le débat public. Une chose est sûre : la fiscalité automobile est en pleine mutation, et les prochaines années seront décisives.
